Les oreillettes sont comme la Madeleine de M. Proust, elles ont le parfum de l'enfance et appellent des souvenirs de grand-mère les mains dans la farine... A ne pas confondre avec les merveilles, à la texture plus grossière, ou encore avec les bugnes, leurs cousines lyonnaises.

La recette est d'une extrême simplicité et pourtant, rien ne garantit la réussite à chaque coup ! Sans doute les grand mères avaient-elles un tour de main , un secret infaillible pour les réussir avec leur inégalable parfum de fleur d'oranger, à la fois croustillantes et moelleuses (un paradoxe !), boursouflées de bulles généreuses ...

Voici la recette qui se transmet dans la famille: 

Oreillettes dec2013 (2a)

500 gr de farine
3 oeufs
125 gr de beurre

1 sachet de levure (chimique )
1 sachet de sucre vanillé
1 zeste de citron râpé
du sel
du rhum et de la fleur d'oranger en rasades généreuses

J'ai toujours pétri la pâte à la main (ma grand'mère insistait sur la nécessité d'un pétrissage intensif et musclé pour garantir la levée) or je viens de m'apercevoir que la machine à pain convenait parfaitement ! Quand au laminage en fines feuilles, il y a longtemps que la machine à pâte est ma meilleure amie...

Donc on mélange tous ces ingrédients pour obtenir après pétrissage une boule de pâte souple qui ne colle pas au doigts ou à la cuve de la machine. On utilisera du beurre fondu dans la machine à pain, et du beurre mou à la main. On laisse reposer une demi-journée .

On divise ensuite la boule obtenue en quatre parts, et on étale au rouleau (sinon on lamine à la machine) pour faire des bandes de pâte d'environ 2mm d'épaisseur (trop fines, les oreillettes vont brûler sans gonfler dans la friture, trop épaisses, elles seront lourdes et sans intérêt). On les découpe en rectangles, losanges, cercles (c'est comme vous voulez !) et on les plonge par petites quantités dans un bain de friture, ou individuellement si on les fait grandes. Et c'est là que tout se complique car la température de l'huile est l'élément primordial !!!! Trop chaude, les oreillettes brunissent instantanément, pas assez chaude, elles flottent misérablement sans gonfler ni colorer ! Il faut donc accepter de sacrifier quelsques échantillons pour tester la température, et ne pas hésiter à rectifier en cours de cuisson... Touche finale, on les pose sur du papier absorbant et on saupoudre de sucre glace ou semoule.

Un dernier conseil : les oreillettes sont toujours meilleures le lendemain. Je sais, c'est un suplice de Tantale, mais vous m'en direz des nouvelles...